PROSPECT 15
UNE EXPERIENCE DE TRANSCOMMUNALITE COORDONNEE

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UNE ACTION

Initiative des Mutualités socialistes, menée sur l'Arrondissement de Dinant en partenariat avec Prospect 15etc, Explor'acteurs apporte la vision des enfants sur la mobilité. Dans une société organisée autour de la voiture, c'est un véritable défi pour les plus jeunes de se frayer un passage à pied ou à vélo. Les enfants se prennent à rêver à une mobilité où ils auraient leur place.

Brève description.

 

 

Toute exploration commence par soi-même, les enfants se sont donc d'abord penchés sur leur propre mobilité.

Les habitudes familiales sont assez semblables à A et à C: on se rend à l'école avec un adulte, principalement en voiture. Le choix du mode de déplacement revient d'ailleurs aux parents et si les enfants pouvaient en changer, 50% de ceux de A et 89% de ceux de C iraient à l'école à vélo, en roller, en skate-board, à pied, voire, rêvons un peu, à cheval, à moto, en train ou en tram. Beaucoup d'enfants de B vont, eux, à l'école avec d'autres enfants (46%), à pied (85%). Si certains d'entre eux affirment ne pas l'avoir choisi, d'autres se réjouissent de pouvoir se balader en profitant du beau temps et de leurs copains. 69% d'entre eux préféreraient  toutefois le bus, le vélo, le cheval ou même l'avion!

La voiture l'emporte encore d'avantage pour les déplacements liés aux loisirs, sauf à B où on se tourne plutôt vers le bus. Les enfants de A n'ont d'ailleurs pas d'accès aux lieux de loisir à pied, à vélo ou en transports en commun.

Lorsqu'ils marchent, les enfants des trois villages se sentent plutôt en sécurité et n'ont généralement pas peur de traverser la rue, sauf s'il s'agit d'une chaussée étroite. La majorité affirme cependant ne pas avoir la possibilité, pour les petits trajets, de se promener à vélo en toute sécurité, se sentant parfois menacée sur une route avec beaucoup de circulation, en tournant à gauche ou aux carrefours.

Mais comment participent-ils, eux, à leur propre sécurité et à celle des autres?  Les enfants disent respecter les passages pour piétons, qu'ils traversent principalement seuls. De plus, nombre de ceux qui ont un vélo vérifient son bon état de fonctionnement avant chaque départ. Les adultes ne montrent pourtant pas toujours le bon exemple en matière de sécurité puisqu'à peine la moitié des enfants voit les cyclistes porter un casque. Enfin, les comportements varient en ce qui concerne le port de la ceinture de sécurité à chaque trajet en voiture: 58% à A, 69% à B et 84% à C. Ces scores sont semblables à ceux des parents.

 

Elargissons un peu la focale pour y inclure l'environnement. Les enfants ont appréhendé leur quartier et leur commune à travers deux enquêtes: une exploration du chemin de l'école et une expédition entre deux lieux du village.

Presque tous les enfants bénéficient d'un temps de trajet réduit entre leur domicile et leur école. Toutefois, ceux qui s'y rendent à pied doivent parfois marcher sur la route parce qu'il n'y a pas de trottoir ou que des voitures y sont garées, si ce n'est à cause de travaux.

Une fois arrivés à l'école, les élèves se sentent en sécurité: à A et B, ils considèrent tous les abords de l'école comme sécurisants. A C, par contre, 76% des enfants sont de l'avis contraire. Et cela, bien qu'aucune des trois écoles ne bénéficie d'agent de sécurité. L'impression des enfants s'explique peut-être par le comportement à la sortie de l'école: jugée calme à A, elle entraîne des avis mitigés à B tandis que les élèves de C trouvent qu'elle se passe dans la cohue et l'énervement.

L'environnement immédiat de l'école est en cause également: dans les trois villages, les enfants évoquent la rue devant leur école lorsqu'on leur demande de présenter un endroit dangereux. Ils y pointent l'absence de passage pour piétons et la trop grande rapidité des voitures. Les lieux que les enfants considèrent comme sécurisants sont des places, plaines de jeux, jardins ou enceintes d'école inaccessibles aux voitures et entourés de barrières. Apparaît ici clairement la menace que constitue l'omniprésence des voitures, poussant les enfants à chercher un endroit fermé pour se sentir en sécurité. 

Dans une de leurs enquêtes, les enfants ont pu quantifier cette sensation de voitures trop nombreuses et trop rapides. Ayant mesuré la vitesse des voitures devant leur école, ils constatent que la limite de 50km/h est assez bien respectée, mais qu'il n'en va pas de même pour les zones 30. A A et à B, les enfants dénombrent assez peu de passages de voitures en 15 minutes entre 8h et 9h et entre 14h et 15h. A C, les enfants comptent 43 voitures au matin et 48 l'après-midi. Pour eux, c'est beaucoup. De plus, si à A, les voitures s'arrêtent aux passages pour piétons du village, ce n'est pas le cas dans les deux autres villages, où les enfants se plaignent d'attendre longtemps avant de pouvoir traverser. Enfin, la grande majorité des enfants a déjà constaté de l'agressivité au volant chez certaines personnes.

Dans une société organisée autour de la voiture, il apparaît clairement que les enfants doivent développer certaines stratégies pour se frayer un passage à pied ou à vélo, se sentir bien dans leur environnement et rêver à une mobilité où ils auraient leur place.